Accueil > Energie et environnement > Producteur d’électricité photovoltaïque

Producteur d’électricité photovoltaïque

dimanche 2 novembre 2008, par Bernard

Ma nouvelle installation photovoltaïque est connectée au réseau depuis le 10 octobre et je viens juste de recevoir le contrat d’achat de l’électricité que je produis. Je suis devenu producteur d’électricité.

Contrairement à ma chaudière solaire-gaz, j’ai commencé par considérer le côté financier. Je m’apercevais, au vu des relevés de la chaudière, que la rentabilité de l’énergie solaire n’était pas celle que j’attendais et je n’avais pas encore fait le bilan de ma consommation en gaz. Avec le photovoltaïque, je ne voulais pas continuer à dépenser mes économies, même pour la bonne cause (je considérais en avoir fait assez), et j’ai plutôt raisonné comme si c’était un placement.

La grosse différence avec le photovoltaïque, c’est le prix du kWh, 57 centimes contre 5 pour le gaz que j’économise dans la chaudière ! Un certain nombre de sites sur Internet permettent de calculer la rentabilité d’une installation photovoltaïque. En leur fournissant mes propres données, j’arrivais à tout juste récupérer la mise au bout des 20 ans (à condition de ne pas avoir de problèmes comme le remplacement l’onduleur !). C’est dire que je n’étais pas spécialement chaud pour me lancer dans l’aventure.

Mon problème était que j’avais consommé une partie de mon droit à crédit d’impôts avec la chaudière solaire-gaz et les solutions standard sont très intéressantes pour ceux qui n’y ont pas touché. Avec un peu moins de surface, je voulais savoir si ça pouvait valoir le coup.

A un premier salon, j’ai vu la proposition d’EDF Bleu Ciel. Plutôt chère sans possibilité de choisir la surface en panneaux photovoltaïques. Je laisse tomber !

Lors d’un autre salon, j’ai demandé une étude à une autre entreprise, elle était tellement débordée qu’elle n’a cherché à me recontacter qu’au bout de 2 mois. C’est en quittant ce salon que j’ai vu un ancien collègue qui proposait le même service. Il était très occupé avec un (futur) client et j’ai relevé son n° de téléphone. Je l’ai contacté et convenu d’un rendez-vous fin mai.

Après avoir vu différentes possibilités, j’ai retenu une configuration de 2940 Wc, rien d’exceptionnel car c’est une solution courante : au delà de 3000 Wc, la TVA passe à 19,6 % (et les revenus deviennent imposables). Moins, le prix de l’onduleur varie peu avec la puissance, et c’est une part non négligeable du projet. Même avec un crédit d’impôt réduit, la proposition devenait intéressante.

Le projet

La société Photovolt m’a installé :
- 14 modules Kyocera KD210GX-LP de 210 Wc en silicium polycristallin surface utile 20.8m² (dimensions hors tout 3.04 m x 7.09 m),
- 1 structure d’étanchéité INTERSOLE de UBBINK et ses rails alu,
- 1 onduleur SolarMaxx 3000S de 2500 W max,
- 1 disjoncteur et 1 parafoudre,
- la zinguerie et les câbles pour le raccordement électrique.

La production annuelle sur un toit sans ombrage, avec une pente de 38° et une orientation de 12° par rapport au Sud (vers l’Est) est estimée à 3129 kWh/an.

Les panneaux photovoltaïques sont garantis 20 ans avec une puissance de sortie d’au moins 80%de leur puissance maximale.

La production sera vendue en totalité à EDF à 0,572 € pour la première année

Le budget

- Dépose des ardoises, installation du matériel, préparation des démarches administratives et extension de garantie à 10 ans pour l’onduleur : 21384,73 € TTC
- Raccordement au réseau électrique : 542.95 € TTC
- Elagage des arbres : 95.68 € TTC
- Crédit d’impôt : -5015 €

Soit un investissement total de 17008.36 €

Le revenu annuel estimé est de :
- Production de 3129 kWh à 0,572 € : 1789.79 €
- Location du compteur de vente : - 47 €
- Pas d’impôts sur le revenu [1]

Ce qui fait : 1742.76 €/an

En moins de 10 ans, l’installation sera amortie. Le contrat d’achat d’électricité à prix préférentiel est de 20 ans. Pendant encore 10 ans, je bénéficierai ainsi d’un revenu complémentaire d’environ 140 € par mois. Ensuite, il faudra signer un nouveau contrat pour la vente.

L’onduleur a une durée de vie de l’ordre de 10 à 15 ans. Dans mon cas, il est garanti 10 ans. Il faudra certainement prévoir un budget de l’ordre de 2500 € pour son remplacement (d’ici là, les prix auront peut-être baissé).

Il est facile de constater que le solaire est plus rentable avec cette solution grâce au tarif préférentiel et à la possibilité de vendre l’énergie que l’on ne consomme pas. Avec la chaudière solaire-gaz, pendant notre absence lors des vacances d’été, les rayons du soleil ne rapportent rien !

A propos du crédit d’impôt

Le plafond des dépenses donnant droit à crédit d’impôts est, pour un couple avec 2 enfants, de 16800 € pour la période de 5 ans entre 2005 et 2009. J’ai utilisé 3844 € pour la partie condensation de ma chaudière, donnant droit à un crédit d’impôt de 25 % soit 961 € et 4847 € pour la partie chauffe-eau solaire, donnant droit à un crédit d’impôt de 50 %, soit 2424 €. Le montant des dépenses utilisé est donc de 8691 €, il me reste donc 8109 € donnant droit à un crédit d’impôt de 50 %, soit 4054 €.

Le total du crédit d’impôt pour les 2 opérations est donc de 961 + 2424 + 4054 = 7439 €. Avec uniquement du solaire, il aurait été plafonné à 50 % de 16800 € soit 8400 €, soit 961 € de plus.

Pour profiter du crédit d’impôt maximum, je n’ai pas déclaré la partie condensation de ma chaudière solaire-gaz au printemps (puisque je savais que j’allais faire l’autre opération) et je n’ai touché que 2424 € pour ma chaudière solaire-gaz. Avec la nouvelle opération, je vais donc bénéficier d’un crédit d’impôt de 50 % sur 16800 - 4847 = 11953 €, soit 5976 €, puisque mes dépenses en matériel dépassent ce montant. Je restitue 961 € au financement de ma chaudière solaire-gaz (car celui-ci avait été décidé avant), il reste donc 5015 € pour l’installation photovoltaïque (donc un gain global de 961 €).

Conclusion : pour bénéficier d’un crédit d’impôt maximal pour la période 2005-2009, il faut d’abord déclarer l’ensemble des opérations donnant droit à un crédit d’impôt de 50 % et éviter de déclarer celles qui bénéficie d’un taux inférieur si le plafond est atteint sur cette période de 5 ans.

Les démarches

En plus de trouver un installateur agréé (obligatoire pour obtenir le crédit d’impôt et le raccordement), il faut avoir l’autorisation de la mairie (quasiment toujours accordée) et signer 2 contrats avec EDF, un pour le raccordement (avec ERDF) et l’autre pour le rachat des kWh (avec EDF DPI AOA). Pour cela :

- déposer un dossier à la mairie pour la déclaration de travaux,

- envoyer une fiche de collecte de renseignements à ERDF,

- envoyer une déclaration d’exploiter à la DIDEME,

- faire une demande de certificat ouvrant droit à obligation d’achat à la DRIRE,

- après réception des réponses de la DRIRE et de ERDF, faire la demande de contrat d’achat à EDF DPI AOA avec la copie du certificat ouvrant droit à obligation d’achat de la DRIRE et le n° de contrat de raccordement (n° CRAE),

- renvoyer à ERDF l’acceptation de la proposition technique et financière et y joindre la copie du récépissé de la déclaration d’exploiter de la DIDEME. ERDF émet le devis final et propose un contrat de raccordement,

- installer le système photovoltaïque,

- renvoyer à ERDF les 3 exemplaires du contrat de raccordement paraphés et signés avec l’attestation de conformité fournie par l’installateur et une attestation d’assurance responsabilité civile mentionnant l’installation photovoltaïque,

- réception d’un exemplaire du contrat de raccordement avec la date limite pour le raccordement (2 mois après réception du contrat),

- attendre le raccordement par ERDF, c’est ce jour-là que commence la période des 20 ans (et que le compteur commence à tourner),

- au bout de quelques semaines, réception de 2 exemplaires du contrat d’achat à signer, parapher et renvoyer. Sans ce contrat d’achat, il sera impossible de revendre ses kWh,

- réception d’un exemplaire du contrat d’achat.

Maintenant c’est OK, j’en suis là actuellement. Quel parcours ! Heureusement que Photovolt m’a préparé l’ensemble des papiers à envoyer au début.

Mais ce n’est pas fini, il reste la déclaration de revenus pour le crédit d’impôts et surtout, à chaque date anniversaire, il faudra faire un relevé des compteurs et envoyer la facture pour recevoir un chèque environ 3 semaines après. 15 jours avant, la première année, ils doivent envoyer un modèle pour faire cette facture. En attendant, amassons les kWh, même si nous sommes arrivés à la saison la moins propice !

Vente du surplus ou vente totale ?

Pour comprendre la différence, je ne vais pas répéter ici ce que d’autres sites ont déjà fait comme celui de l’association Hespul , allez voir http://www.hespul.org/Raccorde-au-reseau-electrique.html.

Actuellement, j’achète l’électricité 0,11 €, je la vends 0,572 €. Il est évident qu’il vaut mieux tout vendre ce que l’on produit au prix fort, puis acheter ce qu’on a besoin au prix plus bas. C’est ce que choisissent la grande majorité des producteurs.

Plusieurs remarques :

- La vente totale permet de mieux prévoir l’amortissement de l’installation. Avec la vente du surplus, on utilise au prix fort l’électricité que l’on produit et quand on ne produit pas, on l’achète au prix faible. Ce qui encourage à consommer quand on ne produit pas, paradoxal !

- Le coût de raccordement et de location du compteur est supérieur pour la vente totale, mais cette différence est vite amortie vu la différence entre le prix d’achat et le prix de vente.

- Avec la vente du surplus uniquement, il devient difficile d’estimer la production et la consommation d’électricité. D’ailleurs, l’électricité auto-consommé ne rentre pas dans les chiffres de production et de consommation d’énergie, ce qui diminue également le comptage de la part d’énergie renouvelable produite au niveau national.

- Quelle que soit l’option choisie, si le réseau est coupé, on ne peut pas utiliser l’électricité que l’on produit, l’onduleur s’arrête s’il n’y a plus de réseau (par sécurité).

- La vente de l’électricité est un revenu qui n’est plus imposable en deça de 3000 Wc. L’autoconsommation entre dans ce revenu en cas de vente totale, pas en cas de vente du surplus uniquement. Mais maintenant ce n’est un avantage que pour les installations de plus de 3000 Wc pour lesquelles ce revenu bénéficie toutefois d’un abattement de 71 %.

- Après les 20 ans du contrat d’achat, on risque de vendre moins cher l’électricité que celle que l’on achète. La vente totale sera moins intéressante, mais dans ce cas, l’installation sera amortie.

- Si, pour une raison quelconque, on est amené à louer sa maison, le contrat d’achat devra obligatoirement être transféré au locataire en cas de vente du surplus, et il faudra transférer ce contrat à chaque changement de locataire. Avec la vente totale, le propriétaire peut conserver son contrat d’achat, puisque la vente et la consommation sont indépendantes.

D’autres informations à ce sujet sur le site de l’association Hespul : http://www.hespul.org/IMG/pdf/Surplus_ou_totalite_v07082006.pdf


[1À partir de 2009, ce revenu n’est plus imposable (pour une installation de moins de 3000 Wc comme la mienne). Pour mon calcul, ça m’aurait fait - 77,34 €, après un abattement de 71 %, c’est encore ça de plus de gagné !

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?