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Bilan économique de ma chaudière solaire-gaz

jeudi 30 octobre 2008, par Bernard

Voici un an que j’ai installé une chaudière solaire-gaz à la place de mon ancienne chaudière. Je vais essayer d’en tirer un premier bilan.

L’année dernière, j’ai construit une petite extension de 7 m² derrière mon garage. Son toit étant exposé quasiment plein sud, je me suis dit que c’était l’occasion d’y mettre des capteurs solaires pour faire de l’eau chaude, avec un complément éventuel avec ma chaudière gaz existante.

En étudiant les différentes possibilités, un installateur m’a convaincu qu’il vallait mieux changer la chaudière par une chaudière à condensation que d’investir dans un ballon solaire. De plus, ma chaudière allait avoir 17 ans et faire une installation avec elle puis devoir la changer peu de temps après n’était pas forcément une très bonne opération !

Mais ça ne me disait pas ce que j’allais faire de ce morceau de toit que j’avais envie d’exploiter. Alors pourquoi ne pas faire les 2 : changer la chaudière et installer un ballon solaire !

Je ne pensais pas qu’un ballon solaire classique allait avoir autant d’emprise au sol. Je pensais qu’il pouvait être accroché au mur comme un ballon électrique. Il allait donc occuper une bonne partie de la petite extension que nous voulions construire. Tous ces frais pour mettre un ballon d’eau chaude, qui plus est était assez loin de la chaudière, il fallait trouver une autre solution.

Solution adoptée

Après avoir passé en revue différentes solutions, l’installateur m’a convaincu de choisir une chaudière combinant l’énergie solaire et le gaz à condensation : l’Aurocompact de Vaillant. Elle est composée d’un ballon de 150 litres avec un échangeur solaire en bas du ballon et d’une partie gaz à condensation qui chauffe le haut du ballon si la température n’est pas suffisante et qui assure entièrement la prise en charge du chauffage (plancher chauffant dans mon cas). L’énergie solaire ne sert que pour l’eau chaude, pas pour le chauffage.

Cette chaudière est une chaudière au sol plus encombrante que la chaudière murale précédente. Il a fallu réaménager la pièce de 3.50 m² pour la faire cohabiter avec le lave-linge, le sèche-linge et un évier.

2 capteurs de 2 m² chacun ont été installé sur le toit. Avec l’habillage des capteurs, il ne restait plus beaucoup de place pour y mettre des ardoises. Ceci m’a permis de gagner 407 € sur la facture du couvreur. Si j’avais posé les capteurs sur un toit existant, il aurait fallu payer le couvreur pour défaire les ardoises et pour faire l’habillage des capteurs.

Autre gain, j’ai bénéficié d’une prime de 400 € de la part de la région. Je l’ai touchée en mai 2007, et en juin, ils ont arrêté de la donner ! Au niveau crédit d’impôts, le taux de 50 % ne s’applique que pour la partie solaire, le reste passe en chaudière à condensation à 25 % seulement.

Budget de cette opération

- chaudière à condensation : 3644 €
- chauffe-eau solaire (avec les capteurs) : 4974€
- main d’oeuvre : 2000 €
- TVA 5,5 % : 584 €
- prime de région : -400 €
- crédits d’impôt : -3385 €
- gain sur la couverture : -407 €
- prime pur bonus MAAF : -40 €

Ce qui fait une dépense réelle de 6970 €, soit environ 4000 € pour la partie gaz à condensation et 3000 € pour le supplément solaire.

Le coût de remplacement de la chaudière précédente (qui arrivait en fin de vie) aurait été de l’ordre de 3000 € (matériel équivalent + main d’œuvre). Je pense qu’il y aurait eu un crédit d’impôt de 15 % sur le matériel, soit environ 300 €, ce qui aurait fait un coût net de 2700 € environ. La solution choisie représente donc un surcoût de 4300 €.

En choisissant l’Ecocompact qui est la chaudière à condensation équivalente à celle que j’ai installée sans la partie solaire, le supplément aurait été de 1300 € environ (après déduction du crédit d’impôt), soit un budget équivalent à la partie gaz condensation de ma chaudière [1] .

Economies réalisées

Au bout d’un an, j’ai récupéré 1200 kWh d’énergie solaire pour le chauffage de l’eau (valeur calculée par la chaudière elle-même). Ma dépense annuelle de gaz est passée de 16700 à 9000 kWh, soit une diminution de 46 % ! La réduction liée à la condensation est de 39 % (de 16700 à 10200). Elle se réduit de 12 % pour la partie solaire (de 10200 à 9000). Le gain est beaucoup plus dû à la chaudière à condensation qu’au chauffage solaire, mon installateur avait raison !

Le prix actuel du kWh gaz est d’environ 0,05 €. Mon gain annuel est donc de (16700 - 9000) x 0,05 = 385 €, dont 1200 x 0,05 = 60 € pour la partie solaire.

Calcul d’amortissement

au cours actuel du gaz :

-  amortissement global : 4300 : 385 soit un peu plus de 11 ans. Pas trop mal, j’espère que ma chaudière va durer au moins 20 ans et que je pourrai réutiliser mes capteurs solaires ensuite.

-  amortissement de la chaudière à condensation : 1300 : 325 soit 4 ans. Super !

-  amortissement de la partie solaire : 3000 : 60 soit 50 ans. Je ne sais pas si je serai encore de ce monde, mais la chaudière, sûrement pas !

Conclusion

La partie solaire ne deviendrait rentable que si le prix du gaz continuait à augmenter fortement. Ce n’est pas improbable, mais ici je n’ai même pas tenu compte des frais d’entretien liés au remplacement du glycol tous les 5-6 ans, dont je n’ai aucune idée du chiffrage.

La chaudière que j’ai installée est une petite merveille technique pleine de capteurs et d’électronique. Elle fonctionne très bien et j’en suis satisfait, mais elle est peut-être trop sophistiquée pour que la partie solaire soit vraiment rentable ! Je n’avais pas fait de calcul avant de me lancer dans cette opération, heureusement que la partie gaz condensation sauve le bilan de l’opération. Je l’ai plus fait par conviction pour essayer de diminuer notre consommation en énergie fossile et laisser à nos enfants une planète en meilleur état. Un investissement uniquement dans la partie gaz condensation est beaucoup plus économique.

On peut aussi en déduire qu’il vaut mieux mettre un chauffe-eau solaire en complément d’une énergie plus chère, que d’optimiser une solution qui est déjà très économique. Il vaut donc mieux orienter les dépenses d’économies d’énergie pour améliorer les solutions les plus gourmandes, que de chercher à réduire un peu plus une dépense qui est déjà raisonnable [2].


[1C’est certainement en s’appuyant sur ce modèle qu’a été déterminé le montant de la partie gaz condensation pour le fisc

[2C’est peut-être une des raisons du plafond des dépenses pour le crédit d’impôt, mais je ne suis pas sûr qu’ils aient pensé à ça !

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